« Un soir, sur un chemin familier qui m’est cher, en mettant mes pas dans les pas de ceux qui m’ont précédé sur cette terre, j’ai senti frissonner l’arbre du silence. […] Il n’y avait plus de vent, rien ne bougeait, tout était apaisé, et pourtant j’ai entendu comme un murmure. J’ai eu l’impression - la conviction ? - qu’il provenait de l’arbre dont nous sommes issus : celui de nos familles, dont les branches sont innombrables et dont les feuilles frissonnent au plus profond de nous. Autant de feuilles, autant de voix vers lesquelles il faut se pencher pour bien les entendre, leu accorder l’attention nécessaire à la perception d’un silence qui, en réalité, n’en est pas un et ne demande qu’à être écouté. Je sais aujourd’hui que ce murmure a le pouvoir de donner un sens à notre existence, de prolonger la vie de ceux auxquels nous devons la nôtre, car ils nous habitent intimement. »

- Christian Signol, Ils rêvaient des dimanches

  • #Généathème
  • #RDVAncestral

mardi 24 décembre 2013

Avent généalogique

Pour ceux qui n'auraient pas suivi toutes les gourmandises journalières publiées sur Twitter pendant ce mois de décembre, les voici réunies ici :

Calendrier de l'avent, Photo Pin

1 : c'est UN arbre, et c'est le commencement de tout . . .
2 : c'est le nombre de pays où je trouve des ancêtres dans ma généalogie (la France et la Suisse).
3 : c'est le nombre de Helipx (prénom féminin) dans ma généalogie - mais je ne sais même pas comment ça se prononce !
4 +100=104 (je sais je triche) c'est l'âge de Mathurine Le Floc (sosa 7033) selon son acte de décès.
5 : c'est le nombre de siècles de ma généalogie (sans celui-ci) : Henri IV, Molière, Le Titien, Versailles, la Révolution, la première guerre mondiale . . .
6 : c'est le nombre de semaines entre le mariage de Coutand François/Cousseau Renée et la naissance de leur fils Pierre.
7 c'est le nombre de décès dans la famille Daburon en moins d'un mois en 1626 à Bauné alors que la peste sévit . . .
8 : c'est le nombre de naissances maximum pour un même jour calendaire (le 12 juin et 17 décembre à égalité).
9 : c'est le nombre maximum de décès par an pendant la Révolution (1789/1800), sans rapport apparent avec la période.
10 : c'est le nombre de "propriétaires" dans ma généalogie.
11 : c'est le nombre de métiers exclusivement féminins dans ma généalogie (blanchisseuse, fille de peine, mercière . . . ).
12 : c'est le numéro de département à l'origine de tout : l'Aveyron.
13 : c'est l'âge de plusieurs mariées de ma généalogie (le record c'est 12, mais c'était déjà pris !).
14 : c'est le nombre d'enfants pour le couple Le Boucher/Pillet à Jarzé (49) entre 1656 et 1676 (record non battu).
15 : c'est le nombre de générations dans ma généalogie retrouvées à ce jour.
16 : c'est le siècle où j'ai retrouvé les documents les plus anciens.
17 : c'est le pourcentage d'ancêtres prénommées Marie dans ma généalogie.
18 : c'est le nombre de sources différentes utilisées (registres Baptême-Mariage-Sépulture, cahier de doléance, testaments, contrats de mariage, recensements, cartes de Cassini, etc . . . ).
19 : c'est l'année (1919) où mon arrière-grand-père est revenu de la 1ère guerre mondiale. Pourquoi si tard ? C'est encore un mystère.
20 : c'est le pourcentage de signatures féminines parmi toutes les signatures d'ancêtres retrouvées à ce jour.
21: c'est l'âge de décès le plus jeune dans ma généalogie directe (Barbot Marie sosa 75), décédée "dans son domicile".
22 : c'est le pourcentage de vignerons parmi mes ancêtres.
23 : c'est le nombre de départements où je trouve des ancêtres en France.
24 : c'est à peu près le nombre d'heures (par jour, bien sûr ! ) pendant lesquelles je pense généalogie. Ah ! passion quand tu nous tiens . . .
 

vendredi 20 décembre 2013

Capable d'enseigner

Mon arrière-grand-mère maternelle Flora Roy est née en 1900 tout rond, à Saint-Amand-sur-Sèvre (79). Son histoire est presque un roman et mériterait un article à part entière. Aujourd'hui néanmoins je vais me concentrer sur un document qui m'est parvenu : son brevet de capacité pour l'enseignement primaire.

BCEP, coll. personnelle

Aux termes de l'article Ier de la loi du 16 juin 1881, nul ne peut, en France, exercer les fonctions d'instituteur ou d'institutrice, dans une école publique ou libre, sans être pourvu du brevet de capacité pour l'enseignement primaire.
Il existe deux brevets de capacité pour l'enseignement primaire : le brevet élémentaire et le brevet supérieur.
Le premier est le seul titre requis pour enseigner dans un établissement quelconque d'enseignement primaire public ou privé.
Le second confère aux maîtres et maîtresses qui en sont pourvus certains privilèges, tels que la nomination aux fonctions d'adjoint ou d'adjointe dans les écoles primaire, etc...

Les intitulés concernant cet examen sont si savoureux, que je ne résiste pas à vous les livrer [et à les commenter . . . ].

L'examen comprend trois séries d'épreuves :

Epreuves de la première série. —  

1° Une dictée d'orthographe d'une page environ, choisie dans nos meilleurs auteurs. [J'adore cette expression]
Des questions (cinq au maximum) relatives à l'intelligence du texte (définition du sens d'un mot, d'une expression ou d'une phrase ; analyse d'un mot ou d'une proposition). Il est accordé une demi-heure aux candidats pour revoir la dictée et pour répondre par écrit aux questions posées.
Chacune des deux parties de l'épreuve est cotée de 0 à 10 ;
2° Un exercice de composition française (lettre ou récit d'un genre très simple, explication d'un proverbe, d'une maxime, d'un précepte de morale ou d'éducation). 
Durée de l'épreuve : deux heures ;
3° Une question d'arithmétique et de système métrique, et la solution raisonnée d'un problème comprenant l'application des quatre règles (nombres entiers, fractions, mesure des surfaces et des volumes simples). [Hum, hum . . . ça fait rêver la littéraire que je suis]
Durée de l'épreuve : deux heures. 

Epreuves de la deuxième série. — 

Les aspirants doivent : 
 1° Faire une page d'écriture à main posée, comprenant une ligne en gros dans chacun des trois principaux genres (cursive, bâtarde et ronde), une ligne de cursive en moyen, quatre lignes de cursive en fin. 
Durée de l'épreuve : trois quarts d'heure ;
2° Exécuter à main levée un croquis côté d'un objet usuel de forme très simple (plan, coupe, élévation). 
Durée de l'épreuve : une heure et demie ;
3° Exécuter les exercices les plus élémentaires de gymnastique prévus par le programme des écoles primaires. 
Durée de l'épreuve : dix minutes au maximum. 

Les aspirantes doivent : [les épreuves pour les garçons et pour les filles sont donc différentes : bonjour le sexisme]
1° Faire une page d'écriture à main posée, comprenant une ligne en gros dans chacun des trois principaux genres (cursive, bâtarde et ronde), une ligne de cursive en moyen, quatre lignes de cursive en fin. 
Durée de l'épreuve : trois quarts d'heure ;
2° Exécuter un dessin au trait d'après un objet usuel. 
Durée de l'épreuve : une heure ;
3° Exécuter, sous la surveillance de dames désignées à cet effet par le recteur, les travaux à l'aiguille prescrits par l'article 1er de la loi du 28 mars 1882. 
Durée de l'épreuve : une heure. [Ah, Ah, Ah, on comprend les épreuves différentes]
 
Epreuves de la troisième série.

1° Lecture expliquée ; la lecture se fera dans un recueil de morceaux choisis en prose et en vers ; des questions seront adressées aux candidats sur le sens des mots, la liaison des idées, la construction et la grammaire ;
2° Questions d'arithmétique et de système métrique ;
3° Questions sur les éléments de l'histoire nationale et de l'instruction civique ; sur la géographie de la France avec tracé au tableau noir ;
4° Questions et exercices très élémentaires de solfège ;
5° Questions sur les notions les plus élémentaires des sciences physiques et naturelles et sur les matières de l'enseignement agricole.
Dix minutes au maximum sont consacrées à chacune de ces épreuves.

Nous rappelons aux candidats que :

ART. 1 et 2 : Toute fraude commise dans les examens et les concours publics qui ont pour objet l'entrée dans une administration publique ou l'acquisition d'un diplôme délivré par l'Etat constitue un délit. — Quiconque se sera rendu coupable d'un délit de cette nature, notamment en livrant à un tiers ou en communiquant sciemment avant l'examen ou le concours, à quelqu'une des parties intéressées, le texte ou le sujet de 1 épreuve, ou bien en faisant usage de pièces fausses, telles que diplômes, certificats, extraits de naissance ou autres, ou bien en substituant une tierce personne au véritable candidat, sera condamné à un emprisonnement de un mois à trois ans et à une amende de 100 francs à 10 000 francs, ou à l'une de ces peines seulement. *
 [Alors un conseil : rangez les portables !]

Je ne sais pas quels étaient les intitulés exacts des épreuves. Mais rien qu'au travers de ces quelques lignes on sent bien une autre époque (et je ne reviendrais même pas sur les travaux d'aiguilles).

Enfin, au cas où vous auriez été distrait pendant cette lecture de cet article (et surtout si vous n'avez pas examiné le brevet à la loupe), je vous rappelle que Flora a obtenu son brevet d'enseignement à l'âge de 15 ans (tout de même).
Autre temps, autre époque.

Flora Roy, 1918, coll. personnelle

C'était mon arrière-grand-mère (on l'appelait la "petite mamie") et je l'ai connue.

(*Source : inrp.fr)

lundi 16 décembre 2013

Bénédiction de cloche

Dans la série "vie quotidienne de nos ancêtres", voici un événement important dans la vie d'une paroisse : la bénédiction des cloches de l'église paroissiale.
Nous sommes ici à Andard (Maine et Loire) en 1692, où on procède à la "bénédiction de la petite cloche" :

Extrait des registres paroissiaux d'Andard, AD49


"Le septième jour de janvier mil six cent quatre vingt douze la
benediction de la petite cloche de cette paroisse a esté faite par mgr Jean
macé docteur en théologie chanoine de l'église St mainbeuf de la ville d'angers
la quelle a esté nommée Renée Lucresse par mgr Louis avril Sr des monceaux
conseiller de Roy Lieutenant civil et criminel de l'élection et grenier a sel
dangers et dame Renée Joullain veuf deffunt monsgr millon [ . . . ] Sr de
Luaudier, ont estés presents mgr urbain quiquaire curé de Couné mgr
michel Ramboux vicaire de Brain et maurice dupont cappelain dudit Brain
mgr mathurin Ravalery marchand droguiste tous demeurants dans la ville
dangers fors lesdits Ramboux et dupont demeurants paroisse de Brain"


Certains de nos ancêtres ont dû connaître cette bénédiction, comme Flon Pierre, vigneron à Andard (décédé en 1707), Guespin Marguerite (décédée en 1709), sa fille Houdouin Jeanne (décédée en 1703), sa petite-fille Lecuier Jeanne (née en 1685).

Cette cloche n'existe plus aujourd'hui : elle a été refondue en 1758 (selon Célestin Port, Dictionnaire historique de Maine et Loire), avec l'autre cloche.

jeudi 12 décembre 2013

1570

1570 est la date de l'acte le plus ancien retrouvé à ce jour. Il s'agit de l'acte de naissance de Ryondel Jean, à Samoëns (collatéral de mon ascendance maternelle).

Acte de naissance de Ryondel Jean, 1570, coll. personnelle

Cet acte est en latin : il y est prénommé Johanes. Il est le fils de Louis, habitant le village de Vallon, et . . . Pernette ? (s'il y a des latinistes, je suis preneuse d'une traduction).
Il fait partie de la 13ème génération (la 12ème au-dessus de moi, ce qui n'est pas le record en terme de génération . . . ).

En 1570, Jean Ryondel est né :

  • A l'époque moderne, qui s'étend de la fin du Moyen-Age (1492, découverte de l'Amérique), à la Révolution française. C'est la naissance du capitalisme, de l'humanisme et de l'État-Nation. 
  • Sous le règne du roi Charles IX, roi de France de 1560 à 1574 (branche des Valois). Sous son règne, le royaume est déchiré par les guerres de religion, malgré tous les efforts déployés par sa mère Catherine de Médicis pour les empêcher. Il déboucha sur le massacre de la Saint-Barthélemy. 

  • La colonisation américaine se poursuit, après sa récente découverte par Christophe Colomb. Le protestantisme se développe, entraînant les guerres de religion.

  • La Renaissance, née en Italie, poursuit son développement.

  • En architecture, c'est l'époque de Palladio (villa Rotonda), Pierre Lescot (aile du Louvre) . . .

  • C'est aussi l'époque de Pierre de Ronsard (1524/1585), Montaigne (1533/1592), Cervantès (1547/1616), Shakespeare (1564/1615), Michel-Ange (1475/1564), Le Titien (1488/1576), Ambroise Paré (1509/1590) . . .

Est-ce que Jean a connu ou entendu parler de ces grands noms, ces grands événements ? Nous ne le saurons jamais.

A noter: Samoëns fait aujourd'hui partie du département français de la Haute-Savoie. Mais jusqu'en 1860 ce territoire dépendait de la Maison de Savoie, État indépendant depuis le XIème siècle. Le département de la Haute-Savoie est créé suite au traité de Turin (1860), le réunissant définitivement à la France.


lundi 9 décembre 2013

Sévère ou touchant ?

Sur l'unique cliché que je possédais de mon arrière-grand-père, il paraissait très austère, avec sa moustache bien droite, le regard vous transperçant.

Jules Assumel-Lurdin, 1922, coll. personnelle

Puis j'ai découvert une autre facette de sa personnalité, grâce à un dossier le concernant conservé aux archives de l'Ain [ * ].
En effet, il était garde forestier et les correspondances entre lui et l'administration ont été conservées (28 documents sont parvenus en notre possession).

Le premier document date de 1904 : c'est une recommandation du Maire Bondet adressée au député Chanal afin qu'il appuie sa candidature au poste de garde forestier.

Le préfet accepte ces recommandations et nomme, par arrêté du 31 octobre 1905, "le sieur Assumel, ancien brigadier d’artillerie", cultivateur au Poizat (Ain), garde forestier à Samognat ; son traitement annuel est fixé à 500 francs.


Au travers des différents courriers envoyés à l'administration, on suit sa carrière :

- en 1907, il souhaite sa mutation à Apremont ; ce qui lui est refusé car il n'a pas assez d'ancienneté : "Le poste d’Apremont auquel est affecté un traitement de 700 francs n’est pas un poste de début. Sous peine de décourager le personnel forestier communal, il importe qu’un pareil emploi soit attribué à un garde déjà en fonctions et méritant de l’avancement."
- en 1908 il est nommé à Martignat, après recommandation du Conservateur des Eaux et Forêts. 
- en 1910 il souhaite être muté à Saint-Germain de Joux ; mais laissons-le parler, puisqu'une lettre écrite de sa main nous est parvenue :


Lettre de Jules Assumel-Lurdin, Archives de l'Ain


Martignat, le 10 janvier 1912
Monsieur le Sénateur
J’ai l’honneur de venir vous renouveler la demande que je vous ai fait il y a quelques temps pour me faire attribuer le poste de Brigadier de St Germain de Joux, j’ai appris que j’étais en ligne et que j’avais un petit espoir.
Je compte sur votre dévouement pour écarter un peu de moi ma mauvaise chance, car avec toutes les envies de bien faire je n’ai jamais pu réussir en rien : à 32 ans j’étais veuf pour la 2ème fois et aujourd’hui j’ai ma femme au lit malade de l’albumine. Le médecin a déclaré que c’était très grave, on dirait que 

le destin s’acharne contre moi.
Veuillez donc s’il vous est possible me faire parvenir à ce poste qui améliorera sensiblement ma situation.
Vous pouvez persuader M. le Préfet qu’ayant été élevé dans un pays de forêts je peux mieux que personne apporter aux forêts les améliorations qu’elles ont besoin et que je resterai un serviteur fidèle et dévoué.
Dans l’espoir que vous ferez votre possible et en attendant que je vous prouve ma reconnaissance.
Veuillez agréer M. le Sénateur mes sentiments dévoués
Assumel garde des Eaux et forêts à Martignat

Et soudain le roide personnage laisse place à quelqu'un de plus touchant, criant son désespoir, le mauvais sort s'acharnant sur lui.

Puis viennent plusieurs documents qui sont des recommandations signée du sénateur Baudin pour qu'il obtienne le grade de brigadier.
Ces demandes multiples seront systématiquement refusées : d'abord parce qu'il n'a pas encore assez d'ancienneté, puis parce qu'il est en compétition avec d'autres agents "plus méritants". Enfin pour raisons de santé : il n'est "pas en état de supporter les fatigues inhérentes aux fonctions de brigadier, car un chef de brigade doit fournir de longs trajets pour visiter et contrôler les divers triages de sa circonscription." (le conservateur des Eaux et forêts, 7 septembre 1916).

Pourtant, il semble rendre un service satisfaisant :

- "Ce préposé est un bon garde, actif et zélé et sera probablement susceptible de devenir ultérieurement brigadier, bien que son instruction soit un peu faible."  (rapport Le Clerc, 21 septembre 1910) 

- "J’ai l’honneur de vous faire connaitre que M. Assumel s’acquitte de ses fonctions d’une manière très satisfaisante et que ses chefs estiment qu’il pourra très probablement accéder au grade de chef de brigade." (lettre au sénateur Baudin, le 28 septembre 1910)

Cependant, d'autres causes, plus politiques, semblent influencer ces refus multiples : 
-  "C'est un agent clérical accompli, parlant toujours contre le gouvernement." (lettre du maire de Martignat, 30 mai 1912)
- " Ce dernier fait partie de l’Action Libérale. [ . . . ] Nous vous prions de bien vouloir nommer à Apremont en remplacement du garde Humbert un fonctionnaire dont on ne puisse suspecter les opinions républicaines." (lettre du maire d'Apremont, 16 août 1912)

De toute évidence, c'était un homme de conviction, quelles qu’en soient les conséquences.

Finalement, il sera transféré en Anjou en 1921. Le relief plus plat lui convient mieux (c'est moins fatigant pour lui). Il finira sa carrière aux Ponts de Cé, à côté d'Angers, et s'éteindra en 1929 à l'âge de 53 ans.

C'était mon arrière-grand-père. Je ne l'ai pas connu.

 
 [ * ] Merci à B. Boisard pour ces documents

vendredi 6 décembre 2013

#Généathème : Bilan 2013

Le Généathème de décembre lancé par Sophie Boudarel de la Gazette des ancêtres est le bilan généalogique de l'année. Par où commencer ? Comment me souvenir et distinguer ce que j'ai fait cette année des années précédentes ? Je n'avais pas d'objectif en commençant l'année; mes recherches se font au hasard des trouvailles, d'une branche à l'autre.


©Photo Pin

Après une recherche rapide, je me suis dit :

Bon bien sûr, j'ai ouvert le blog/twitter/facebook.
Bon, bien sûr, j'ai trouvé 79 ancêtres supplémentaires.
Bon, bien sûr, j'ai récolté 222 actes de naissance, mariage, décès supplémentaires.
Bon, bien sûr, j'ai retranscrit 56 contrats de mariage, testaments et documents divers.
Bon, bien sûr, j'ai pu récupérer 36 clichés supplémentaires de mes ancêtres.
Bon, bien sûr, j'ai commencé à explorer d'autres sources au fur et à mesure de leurs mise en ligne.
Bon, bien sûr, j'ai récupéré plusieurs dossiers complets sur quelques ancêtres (merci à mes tante et cousine plus ou moins éloignées).
Bon, bien sûr, j'ai découvert que mon grand-père avait été adopté par la Nation.
Bon, bien sûr, j'ai découvert et dompté Prezi, Blogger, RSS Runner et autres . . .
Bon, bien sûr, j'ai découvert et apprécié les autres blogs généalogiques.
Bon, bien sûr, j'ai fait le Challenge AZ (même si je ne l'ai pas publié car je l'ai découvert et rédigé un peu tardivement).

Ah quand même . . .

Au delà des chiffres et du travail accompli, c'est surtout le plaisir de la recherche (et en particulier des recherches réussies), des frustrations parfois, la passion toujours.

Vivement l'année prochaine.


mercredi 4 décembre 2013

Drôles de naissances

On compte quelques naissances "curieuses", parmi mes ancêtres directs ou leurs collatéraux.

Grossesse, ©PhotoPin
    • Une grossesse trop courte :
  • Coutand François et Cousseau Renée se marient le 12 novembre 1736 au Boupère (Vendée) et leur premier fils Pierre naît le 22 décembre de la même année, soit un mois et demi après les noces.


    • Une grossesse vraiment très courte !
  • Bertrand François et Boissinot Modeste déclarent deux naissances à un mois d'intervalle à Saint Amand sur Sèvre (Deux Sèvres) : le 21 thermidor an 11 et le 5ème jour complémentaire an 11, soit le 9 août 1803 pour le premier et le 22 septembre 1803 pour le second ! Le premier de ces enfants est mon ancêtre Marie Françoise.


    • Un père inconnu... pas tant que ça :
  • Lors de leur mariage, Borrat-Michaud Joseph Auguste et Jay Antoinette Adélaïde (à Samoëns, Haute-Savoie, en 1893) demandent à reconnaître et légitimer deux filles, née en 1881 pour la première (dite "enfant naturel de Jay Antoinette") et en 1892 pour la seconde (dite "enfant illégitime de Borrat-Michaud Joseph").


    • Des enfants nés hors mariage :
  • Borrat-Michaud Joseph Auguste est l'enfant illégitime de Borrat-Michaud Justine, né à Champéry (Suisse) en 1863. Le père n'est pas connu.
  • Duchemin Simone est née, en 1657 à Guérard (Seine et Marne), hors mariage, "extra matrimonium" comme le précise son acte de mariage; dans son acte de naissance en effet il n'y a pas de mention du père. Par contre, lors de son mariage, son père (qui lui a donné son nom de famille) est nommé. 

  • Guibé Jacques est qualifié de "bastard" dans son acte de mariage (1640) et celui de son fils (1674). Il serait né en 1612 (selon son acte de décès), mais on le peut pas le vérifier : il n'y a pas de registre de naissance antérieur à 1615 à la Coulonche (Orne).

Et ce n'est là qu'un florilège : de bien belles entorses à la morale . . .

lundi 2 décembre 2013

Ouragan et inondation

En 1751 à Foudon (aujourd'hui le Plessis Grammoire, Maine et Loire) se sont abattus ouragan, tremblement de terre et inondation :

Extrait registres paroissiaux Foudon, AD49

[page 1]
 « le 15 mars 1751 est arrivé dans cette province, et dans
plusieurs circonvoisines et autres un ouragan si terrible
que de memoire d'homme lon en avoit iamais entendu
parler d'un semblable le recit que ienfais est aussi véritable
que paroistra surprenant ala posterité, ce desastre epouvan-
table cause par la la foudre des vens opposés les uns aux autres
et par un tempete accompagnee d'un tramblement deterre
terrible qui sest fait sentir entre onze heure et minuit et a
duré iusques à quatre heures un quart, a reveille les plus
assoupis, tout le monde son surpris sortoit meme deleurs
lits [mot rayé] et deleurs maisons croyant tous y perir, en entendant
les couvertures des maisons voler en lair tombant par terre
une partie des cheminees tomboit tant dans les chambres
que dans les rues chacun deploiroit son sort ne sachant
ou se mettre enfuite; ily a eu au moins deux cents maisons
a angers qui ont etes entierement ruine plusieurs eglises
delabres tant a angers quala campagne entre autre leglise
cathedralle
pour la plus grande partie, delabrees plusieurs
clochers tant en ville qua la campagne abbatues en autre celuy
celuy delabars [?] de st nicolas dangers, beaucoup de moulins
a vens et a leau emportes; en outre ily a eu bien dudegats
dans la Campagne de cette province tans sur les maisons
eglises champs vignes arbres detoute especes defruits et
autres qui etoient dune grosseur prodigieuse ont etes  
[page 2] 
renverse et deracine par leurs rasines pendant
presque tous les iours de cette annee ily a eu des
pluyes continuelles et abbondantes qui ont cause de
grandes innondations qui ont ruines les cultures et
les champs et qui ont causes une disette affreuse detoute
sorte despece de grains, vins et fruits et foins cequi a
cause une grande cherte et arendu les denres nescesaire
ala vie de l'homme et des annimaux dun pris dont
ily avoit un tres long temps quelon en avoit entendu
parler " 

Plusieurs de nos ancêtres, habitants du lieu, ont dû connaître ces événements climatiques exceptionnels : les familles Peulier, Moreau, Le Tessier, Bouguié, Chedanne.


samedi 30 novembre 2013

Sous le Gros Tilleul

Samoëns (Haute-Savoie) pourrait être le berceau de mes ancêtres maternels [ * ]. Sur la place trône le Gros Tilleul, un très vieil arbre, centre de vie et de socialisation de ce bourg de montagne.

Le Gros Tilleul, Wikipédia

Cet arbre a été planté en 1438 pour célébrer le retour de différents pâturages dans le giron de Samoëns.

Joseph Auguste Borrat-Michaud est né à Champéry, en 1863 de père inconnu. Sa mère Marie Justine a dû avoir une vie plutôt . . . "active" car elle avait déjà eu deux autres enfants illégitimes avant notre ancêtre (un premier de père inconnu, le second d'un homme qui était son compagnon, mais ils n'étaient pas mariés).
On retrouve Joseph à Samoëns alors qu'il est âgé de 23 ans (1886). Il apparaît dans le recensement, habitant le village de Mathonex, sous le nom de Joseph Michaud (nom qu'il emploie pour signer). Il est dit cultivateur domestique. En 1893 il épouse Adélaïde Jay - qui s'orthographiait Jaÿ et se prononce Ja-i.

Extrait de l'acte de mariage : "[...] Chacun d'entre eux ayant répondu séparément et affirmativement nous avons prononcé au nom de la loi que Monsieur Borrat-Michaud Joseph Auguste et Demoiselle Jay Antoinette Adélaïde sont unis par le mariage. Et à l'instant les époux nous ont déclaré reconnaître et légitimer 1° Jay Félicie Césarine née à Samoëns le 17 février 1881 enregistrée à la mairie de Samoëns comme enfant naturel de Jay Antoinette Adélaïde 2° Borrat-Michaud Marie Louise née à Samoëns le 28 décembre dernier enregistrée à la mairie de Samoëns comme enfant illégitime de Borrat-Michaud Joseph Auguste déclarant et de Jay Antoinette Adélaïde."

La vie "active" perdure donc à cette génération. Deux autres enfants viendront compléter cette famille (légitimes ceux-là), dont Jean François, que nous avons suivi pendant la première guerre mondiale dans ce blog. Dans le recensement de 1911, il est nommé Mechond.

Pendant longtemps on a cru, dans la famille, qu'Adélaïde était de la même fratrie que la fameuse Marie Louise Jay, fondatrice de la Samaritaine à Paris (la "Jay" de Cognacq-Jay). En fait oui - ou presque : il faut remonter 12 générations au dessus d'Adélaïde pour avoir un ancêtre commun : Humbert, né en 1595. Difficile d'avoir des prétentions sur l'héritage de la Samaritaine.

Les Borrat-Michaud déménagent dans la région parisienne, vraisemblablement dans les années 1920. 

 Jean-François Borrat-Michaud et son épouse Marcelle Ursule, née Macréau, 
coll. personnelle

C'est André, fils de Jean-François, qui rejoint l'Anjou, faisant la jonction avec la branche paternelle de mes ancêtres.

[ * ] En réalité les Borrat-Michaud sont originaires de Suisse, juste de l'autre côté de la frontière à Champéry (Valais). Hélas je ne possède que les relevés de l'AVEG (Association Valaisanne d’Étude Généalogique), aucun acte, aucune autre information.
Donc, en trichant un peu, on va dire que Samoëns est le berceau, ou tout au moins compte dans notre histoire; ce qui n'est pas faux puisque de nombreux ancêtres issus de branches maternelles en sont originaires. Cette branche est donc, pour le moins, alpine.

vendredi 29 novembre 2013

Rue del paleys

"Rue del paleys" aurait pu être le nom de ce blog.
C'est le nom de la rue où ont habité mes ancêtres éponymes à Conques à partir de 1775. On la trouve sous différentes mentions selon les générations : "rue del paleys"," rue del palays", "au palais". Et cette rue existe toujours !

Rue du Palais, Conques, coll. personnelle

C'est une petite ruelle montant vers les hauts de Conques. Qu'elle ne fut pas notre surprise et notre émotion de constater qu'elle était toujours là.

Mes ancêtres Astié sont originaires de Conques (Aveyron). Le plus ancien ancêtre est Antoine, marié à Conques en 1671. Au-delà de cette génération il n'y a plus registre. C'est donc le plus lointain ancêtre de notre famille. Si les curés dudit lieu ont parfois orthographié notre nom "Astier", ledit Antoine, lui signait déjà "Astié" - sans r à la fin.

Signature Antoine Astié, 1671, AD12

Pendant quatre générations, ils ont été vignerons. Au XVIIIème Augustin est chapelier puis cultivateur (sic), son fils Pierre Jean est cultivateur, puis "gendarme à pied à la résidence d'Ajaccio". C'est le premier ancêtre qui quitte Conques.
Pendant longtemps, dans la famille, on a dit qu'on avait un ancêtre corse : en fait c'était ledit Pierre Jean, né à Conques mais simplement affecté en Corse ! Il finira ses jours à Aubin (près de Décazeville).
Son fils premier-né Augustin Pierre Jean a vu le jour la jour à Conques (avant le déménagement de la famille en Corse). C'est le premier de la famille à venir en Anjou, où on le retrouve à partir de 1875; Là vécurent les trois générations suivantes.
On ignore pourquoi il a quitté l'Aveyron. Mon grand-père avait laissé cette note :
"Il quitte Conques pour aller travailler et habiter à Angers, chez Monsieur Alexandre Rols, qui deviendra son beau-père. Le décès survenu à 48 ans de son beau-père et patron l'oblige à trouver un autre emploi. Il sera journalier dans une usine d'Angers, mais recherchera par ses propres moyens, à pied, à trouver du travail dans la région parisienne."
En effet, il déménage à Ivry. Il est enterré à Paris (13ème).

jeudi 28 novembre 2013

JF Borrat-Michaud, soldat 2ème classe (n°3)

"Bon chasseur, brave et courageux." C'est ainsi que Jean-François Borrat-Michaud est qualifié sur sa fiche militaire.
Peu après la bataille qui lui a valu la croix de guerre (cf. épisode n°2), le 27 février 1918, Jean-François est évacué du front et conduit à l'hôpital . . . pour une bronchite. Alors que les projectiles pleuvent de partout, que le fer et le sang se mélangent, il est transféré pour une inflammation des bronches. Bon, tant mieux pour lui, il a dû bien apprécier ce repos après les flammes. En tout cas, il n'a pas été gazé (m'a mère l'a connu), ce qui lui a permis de devenir déménageur après la guerre.
Il rejoint l'armée en avril 1918 après son passage à l'hôpital.
Le 10 juillet 1918, il est affecté au 54ème bataillon de chasseurs alpins (immatriculé sous le numéro 9952). Mais il n'y reste pas longtemps puisqu'en août il est proposé pour un changement d'armée : ce sera l'artillerie de campagne à tracteurs. 
Il passe ensuite dans la disponibilité/réserve où il est affecté dans le 84ème régiment d'artillerie lourde, le 9 septembre 1918. Le certificat de bonne conduite lui a été accordé. Enfin, il est mis en congé illimité de démobilisation par le 13ème régiment d'artillerie de campagne le 13 septembre 1919.

Il a survécu à la guerre.

Jean-François Borrat-Michaud entouré de sa famille, coll. personnelle

De retour de guerre, il pose fièrement avec sa famille en costume militaire, la croix de guerre ornant son revers. Ce cliché est une "photo-carte postale" comme cela se faisait autrefois. Malheureusement le verso est trop dégradé pour y lire la correspondance qui s'y trouvait.
Après la guerre, il s'installe à Eaubonne (Val d'Oise), où il occupe plusieurs appartement situés rue de Paris (aux n°29, 35, 14 et 27). En 1920 il épouse Marcelle Ursule Macréau. Ils n'auront qu'un seul enfant, André René Édouard mon grand-père.
Ils auront 5 petits-enfants, 14 petits-enfants . . . et cela continue, de génération en génération.

Il meurt le premier mars 1959. Je ne l'ai pas connu.

C'était mon arrière-grand-père.

[Merci à ma tante Nicole pour ce cliché photographique]