« Un soir, sur un chemin familier qui m’est cher, en mettant mes pas dans les pas de ceux qui m’ont précédé sur cette terre, j’ai senti frissonner l’arbre du silence. […] Il n’y avait plus de vent, rien ne bougeait, tout était apaisé, et pourtant j’ai entendu comme un murmure. J’ai eu l’impression - la conviction ? - qu’il provenait de l’arbre dont nous sommes issus : celui de nos familles, dont les branches sont innombrables et dont les feuilles frissonnent au plus profond de nous. Autant de feuilles, autant de voix vers lesquelles il faut se pencher pour bien les entendre, leu accorder l’attention nécessaire à la perception d’un silence qui, en réalité, n’en est pas un et ne demande qu’à être écouté. Je sais aujourd’hui que ce murmure a le pouvoir de donner un sens à notre existence, de prolonger la vie de ceux auxquels nous devons la nôtre, car ils nous habitent intimement. »

- Christian Signol, Ils rêvaient des dimanches

  • #Généathème
  • #RDVAncestral

vendredi 30 septembre 2016

#Centenaire1418 pas à pas : septembre 1906



Suite du parcours de Jean François Borrat-Michaud : tous les tweets du mois de septembre 1916 sont réunis ici. 

Ne disposant, comme unique source directe, que de sa fiche matricule militaire, j'ai dû trouver d'autres sources pour raconter sa vie. Ne pouvant citer ces sources sur Twitter, elles sont ici précisées. Les photos sont là pour illustrer le propos; elles ne concernent pas forcément directement Jean François.

Jean François disparaît "des radars" entre sa blessure (fin janvier) et son retour au front en septembre. J'ignore où il a été soigné et où il a passé sa convalescence. Il m'a donc fallu inventer un probable parcours, basé sur la consultation de différentes archives (vie à l'hôpital, autres batailles...).

Cependant, n'ayant pas assez de matière (et d'imagination), j’ai été obligée de faire une pause dans le suivi journalier de mon arrière-grand-père, jusqu'à ce qu'il revienne au front. Le voici donc de retour...

Toutes les personnes nommées dans les tweets ont réellement existé.
___ 

9 septembre
Je suis transféré au 51è BCA, et de retour sur le front, après plus de 7 mois de convalescence.
Cette fois c’est la Somme. 
Je fais connaissance avec un nouvel encadrement : le capitaine Monnier, le lieutenant Barbier…

10 septembre
Dire que je trouvais que le relief savoyard parfois épuisant : ici tout est si plat. Ah ! je regrette ma montagne ! mon Criou !

11 septembre
Départ pour Méricourt s/Somme où nous cantonnons.
Méricourt © frumence.blogspot.com.

12 septembre
D’autres gars arrivent, fraichement débarqués du dépôt du 23ème BCA. En tout nous sommes près de 900 hommes et 200 chevaux et mulets.

13 septembre
On repart par voie de terre près d’Eclusier s/Somme. Ceux qui voyageaient en trains arrivent également. C’est de Fabry Fabrègues qui est le chef de Bataillon Commandant.

14 septembre
A 4h nous partons pour Cléry où nous arrivons après deux heures de marche.
Trajet Méricourt/Cléry 

Nous occupons la tranchée des hannetons, à 300 m à l’Ouest de Cléry.
Notre mission est se tenir prêts à renforcer, soutenir ou relever la 70ème DI.

15 septembre
Nous gardons les mêmes emplacements, prêts à attaquer dans les directions d’Inferno, Feuillancourt ou Mont-Saint-Quentin.
Carte d'état-major Clery © geoportail

16 septembre
Mêmes emplacements.

17 septembre
Le Bataillon fournit chaque nuit des corvées importantes pour les travaux de communication et les transports de munitions.
Les sapeurs sont mis à la disposition de la brigade pour nous construire des abris.

18 septembre
Le Commandant du Bataillon et ceux des Compagnies vont en reconnaissance sur les premières lignes.

19 septembre
Mêmes emplacements. L’aménagement de la tranchée continue. Les bombardements aussi.

20 septembre
Mêmes emplacements. Corvées et travaux divers pour toute la brigade.

21 septembre
Aucune note pour ce jour.

22 septembre
Aucune note pour ce jour.

23 septembre
Je me dis que tout ce que je vis maintenant c’est du rab, un véritable rabiot de vie inespéré. 


24 septembre
Mêmes emplacements. Les bombardements continuent : on évacue plusieurs sous-lieutenants blessés.

25 septembre
Départ à 4 heures. Notre Compagnie, avec le PC et un Peloton de mitrailleuses, nous rendons dans les tranchées des Berlingots et de Vau, en réserve de brigade.
Une attaque vers Feuillancourt se prépare, en liaison avec la 3ème Brigade de chasseurs à droite et le VIIème CA à gauche.
Les ordres d’attaque arrivent à 12h35. A 13h l’attaque est lancée. Seules les premières vagues ont pu sortir, aussitôt fauchée par les mitrailleuses ennemies. Mêmes résultats malheureux chez les voisins de droite et de gauche.
A 16h40 l’ordre est reçu de reprendre l’attaque à la nuit tombante.
A 18h45 les gars ne peuvent toujours pas sortir des tranchées : le tir de barrage ennemi et le feu de ses mitrailleuses sont très violents.
Chasseurs, 1916 © Gallica

26 septembre
Journée  sans changement. Un projet d’attaque sur des objectifs limités n’est finalement pas mis à exécution.
En réserve dans le talus près de 1118, nous observons tous ces mouvements et ce déchaînement de violence.
Dire que j’avais presque oublié le bruit assourdissant des explosions.

27 septembre
Le Chef de Bataillon fait une reconnaissance détaillée des 1ères lignes. Si les attaques n’ont pas obtenues les résultats espérés, les sacrifices n’ont pas été vains : la 47ème DI a maintenu devant elle d’importantes réserves, ce qui a facilité le succès de l’attaque principale à Thiepval.
On doit maintenant s’organiser, durer, afin de permettre au Haut Commandement de consacrer toutes ses réserves à l’exploitation des résultats obtenus.
Thiepval, août1916 © commons.wikimedia.org

28 septembre
Un poste d’observation très important sur les tranchées de Zombor est poussé en avant du centre du front du bataillon.

29 septembre
Travaux d’approche en vue d’une attaque du bataillon sur les tranchées de Zombor et de l’Inferno, en liaison à gauche avec la 12ème DI.

30 septembre
Un élément de tranchée est creusé, sur une vingtaine de mètres, partant du centre du front du bataillon et se dirigeant vers le NE. C’est l’amorce de la nouvelle position à conquérir.


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