« Un soir, sur un chemin familier qui m’est cher, en mettant mes pas dans les pas de ceux qui m’ont précédé sur cette terre, j’ai senti frissonner l’arbre du silence. […] Il n’y avait plus de vent, rien ne bougeait, tout était apaisé, et pourtant j’ai entendu comme un murmure. J’ai eu l’impression - la conviction ? - qu’il provenait de l’arbre dont nous sommes issus : celui de nos familles, dont les branches sont innombrables et dont les feuilles frissonnent au plus profond de nous. Autant de feuilles, autant de voix vers lesquelles il faut se pencher pour bien les entendre, leur accorder l’attention nécessaire à la perception d’un silence qui, en réalité, n’en est pas un et ne demande qu’à être écouté. Je sais aujourd’hui que ce murmure a le pouvoir de donner un sens à notre existence, de prolonger la vie de ceux auxquels nous devons la nôtre, car ils nous habitent intimement. »

- Christian Signol, Ils rêvaient des dimanches

samedi 23 octobre 2021

#ChallengeAZ 2021 : Présentation

C'est bientôt l'heure du #ChallengeAZ, ce défi d'écriture généalogique qui court sur un mois : chaque jour un article est publié suivant l'ordre de l'alphabet.


  

Cette année mon #ChallengeAZ aura pour fil rouge les objets et possessions de mes ancêtres. Indiqués dans les contrats de mariage, les testaments, les ventes diverses et autres documents notariés, elles donnent à voir l’environnement dans lequel ils vivaient, leur cadre de vie.

Mais je n’ai pas voulu hiérarchiser mes ancêtres, les différencier, distinguer les pauvres des riches. J’ai donc volontairement mélangé les époques, les régions, les branches de mon arbre.

La plupart du temps l’orthographe d’origine a été respectée (sauf entrave à la compréhension).

Les articles se présentent sous forme de miscellanées, c'est-à-dire de listes à la Prévert, qui résonnent comme un chant, une litanie. Le murmure de mes ancêtres… Elles seront émaillées de quelques commentaires ou explications quand cela s’avérera nécessaire.

 Et - qui sait ? - peut-être retrouverez-vous aussi l'écho de vos propres ancêtres...


A noter : en source vous trouverez beaucoup de documents provenant de l’Ain. L’explication en est simple : c’est par ce département que j’ai commencé mon dépouillement et pour ne pas lasser mon lecteur, je n’ai pas répété les éléments déjà cités, mêmes s’ils apparaissaient dans d’autres départements.

 

mercredi 24 mars 2021

Newsletter

 Depuis quelques mois j'ai du mal à écrire. Manque d'inspiration, impression de tourner en rond, difficulté de concentration. Et à l'autre bout de la chaîne mes lecteurs ont du mal à lire, si l'on se fie aux statistiques en berne du blog. D'aucuns diraient que le climat ambiant n'y est pas étranger...

A défaut d'écrire j'ai donc fait du ménage sur mon blog, réaménagé l'ordonnance des pages, fait quelques statistiques et une série d'infographies (si vous ne les avez pas vues sur les réseaux sociaux, vous pouvez les retrouver sur les pages de l'onglet "mon arbre").

Avec tout ça j'ai navigué dans les archives du blog... et j'y ai redécouvert des articles oubliés ! Des articles que j'ai aimé écrire et que vous avez peut-être aimé lire. Ou pas.

J'ai donc mis en place une newsletter afin de vous faire partager mes histoires de prédilection. Une fois par mois, quatre articles (un par branche de mon arbre) seront mis en avant. Quatre portraits, histoires ou enquêtes réunies autour d'un thème commun.

Mes plus récents lecteurs auront le plaisir de l'inédit et pour les plus anciens ce sera l'occasion de (re)faire des découvertes.

Pour recevoir cette lettre pleine de coups de cœur, vous pouvez vous abonner ici :


 

Il ne vous reste qu'à vous laisser porter pour entendre ce que nous murmurent nos ancêtres...



mercredi 16 décembre 2020

Making of : les sources

Suite et fin de la série d’articles qui vous présente les coulisses du ChallengeAZ 2020 « polar ». Il n’est pas forcément nécessaire d’avoir lu le Challenge AZ avant de lire ce billet. Le polar que j’ai écrit est une fiction, mais basé sur de nombreux faits réels… 


Making of © Pixabay 

Les sources 

L’intrigue du polar se base sur un travail de recherche rigoureux auprès d’un éventail de sources varié. 

Tout est parti de l’état civil, comme souvent en généalogie. Il m’a donné le squelette de l’histoire, comme il donne l’armature d’un arbre généalogique. Avant de commencer la rédaction je connaissais les dates de naissance et mariage d’Henri et Ursule. Mais j’ai trouvé le décès d’Henri seulement au cours de rédaction. Le chapitre I est assez véridique : la mention curieuse du "domicile" à Coulommiers et ma quête sur Google StreetView pour résoudre ce mystère. 

Pour étoffer ma généalogie comme mon histoire j’ai épluché les recensements. Ils m’ont servi pour reconstituer le parcours d’Henri : ses adresses successives ont été utilisées notamment dans le chapitre D. Et bien sûr les recensements m'ont été utiles lors de l’enquête préparatrice pour établir les liens entre les personnages ayant véritablement existé (voir le "making of : les personnages"). 

J’ai voulu faire des recherches sur l’enregistrement : les actes notariés doivent être enregistrés par un receveur des impôts, c’est-à-dire transcrits sur un registre public, contre la perception d’un droit d’enregistrement. Cela permet de donner des détails sur le patrimoine de nos ancêtres, et peut être une bonne alternative pour connaître la date d’un décès que l’on ne trouve pas dans l’état civil (ce qui était mon cas). Hélas l’enregistrement n’est pas en ligne en Seine et Marne pour la période qui m’intéresse, comme je le raconte dans le Chapitre H. Il ne me reste qu’à ajouter une visite aux archives départementales sur ma to do list ! 

Les fiches militaires m’ont servies pour reconstituer le parcours militaire de certains protagonistes, mais aussi pour les informations périphériques qu’elles contiennent : descriptions physiques, blessures (la mutilation de l’index de Georges Thiberville mentionnée au chapitre E fait partie de ces petits détails véridiques qui émaillent le récit), adresses successives, motifs d’ajournement (comme la claudication d’Henri par exemple, utilisée au chapitre N). 

Les archives judiciaires sont intéressantes pour donner des détails sur la vie de nos ancêtres, même si ce n’est pas forcément ceux que l’on veut connaître en premier (apprendre que son ancêtre a été un mauvais garçon n’est pas toujours facile). J’ai abordé cette source au chapitre V. Dans le cas présent je n’ai pas pu les consulter car elles ne sont pas en ligne en Seine et Marne, mais cela peut-être une bonne piste à explorer. 

Par contre, sur le site des archives départementales j’ai trouvé des monographies communales qui m’ont données quelques informations ayant permis d’étoffer le cadre de vie de mes ancêtres, d’en savoir plus sur les mariniers et les charretiers de Tigeaux, les briqueteries, etc... 

Autre source précieuse : la tradition orale. Cette source est abordée dans le chapitre T. Si vous avez la chance d’avoir des anciens dans votre famille ou dans votre entourage, n’hésitez pas à les interroger : même si vous n'apprenez que des anecdotes ou des souvenirs un peu flous, ce sont autant d’histoires qui font la vie de vos ancêtres. Et s’il y a eu plusieurs témoins d’un même événement, n’hésitez pas à les interroger tous : vous verrez comme le même souvenir peut se révéler différent selon les points de vue ! 

La tradition culinaire a été abordée au chapitre R. Là encore c’est une source "secondaire" mais elle permet de comprendre l’environnement de nos ancêtres. La cuisine est le reflet d’une région, de son agriculture, de ses traditions : appréhender les recettes locales c’est aussi découvrir un pan de la vie de nos ancêtres. 

Lors de ma formation de guide conférencière, j’ai étudié la lecture du bâti et du paysage. C’est ce qui m’a permis de faire la "visite" du quartier des Egyptes du chapitre P. Cette lecture du bâti m'appris beaucoup sur la région. C’est en voyant ce quartier où a vécu Henri que j’ai mesuré l’importance des briqueteries dans la région par exemple. 

La lecture d’ouvrages divers a nourri ma réflexion et m’a aidé à rédiger l'histoire : le chapitre D évoque l’émigration bretonne, les prénoms et leurs variantes ont été abordés au chapitre S tandis que les maisons de famille sont au cœur du chapitre O. Cartes postales anciennes et dictionnaire des métiers ont aussi participé à enrichir mon texte. Bref, quand les sources "généalogiques" viennent à manquer il reste bien d'autres ressources à approfondir. 



Et voilà comment j’ai utilisé de vraies sources pour une fausse histoire !