« Un soir, sur un chemin familier qui m’est cher, en mettant mes pas dans les pas de ceux qui m’ont précédé sur cette terre, j’ai senti frissonner l’arbre du silence. […] Il n’y avait plus de vent, rien ne bougeait, tout était apaisé, et pourtant j’ai entendu comme un murmure. J’ai eu l’impression - la conviction ? - qu’il provenait de l’arbre dont nous sommes issus : celui de nos familles, dont les branches sont innombrables et dont les feuilles frissonnent au plus profond de nous. Autant de feuilles, autant de voix vers lesquelles il faut se pencher pour bien les entendre, leu accorder l’attention nécessaire à la perception d’un silence qui, en réalité, n’en est pas un et ne demande qu’à être écouté. Je sais aujourd’hui que ce murmure a le pouvoir de donner un sens à notre existence, de prolonger la vie de ceux auxquels nous devons la nôtre, car ils nous habitent intimement. »

- Christian Signol, Ils rêvaient des dimanches

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lundi 3 avril 2017

Fête de famille pour 241 descendants

En août 1971 il y eu à Saint-Amand-sur-Sèvre (Deux-Sèvres) une cousinade. Le nom de cousinade n’avait probablement pas encore été inventé, mais tel était cette réunion de famille.

Célestin GABARD est né en 1860 à la ferme de La Gidalière (commune de Saint-Amand, donc) ; ferme que tenait son père, ainsi que son grand-père avant et sans doute tous ses ancêtres (du moins jusqu’à la Révolution, c’est une certitude ; les registres antérieurs ayant disparus il ne nous est pas possible de le prouver irrévocablement). Il est le grand-père de ma grand-mère maternelle.
En 1892 il épousa Marie Henriette BENETREAU, originaire d’une commune voisine, Saint-Aubin-de-Baubigné.

Ensemble ils eurent  9 enfants, tous nés à St Amand :
- Célestin Aubin Eugène né le 2/4/1893, marié le 27 avril 1920, Saint-Amand-sur-Sèvre, avec Agnès Augustine CHARRIER
- Marie Léonie Henriette née le 4/9/1894, marié le 27 avril 1920, Saint-Amand-sur-Sèvre, avec Gabriel Joseph ROUSSEAU, décédée le 5 juillet 1972 à La Petite Boissière
- François Joseph né le 9/2/1897, marié le 13 juillet 1920, Saint-Amand-sur-Sèvre, avec Claire Marie Augustine ALBERT, décédé le 20 décembre 1962 à St Amand
- Joseph Elie né le 6/9/1899 mon ancêtre direct (cf. plus bas)
- Berthe Lucie Marie née le 19/11/1901
- Octave Henri Marie né le 30/3/1903, marié le 18 novembre 1929 à La Petite Boissière  avec Marie Louise Gabrielle RENAUD
- Alice Françoise Augustine née le 10/6/1904, marié le 10 juin 1925 à Saint-Amand  avec Raoul Alfred Alphonse MAUDES (MANDES ?), décédée le 4 décembre 1960 à Treize Vents
- Lucie Joséphine née le 27/4/1905 p44, décédée à Angers le 18/2/1988  
- Gabriel Roger Octave Marie né le 29/2/1912, marié le 29 avril 1947 à Saint-Amand  avec Marie Madeleine ARNOU (selon la mention marginale de son acte de naissance, mais connue sous le nom de Domitille – qui était aussi le prénom de sa mère semble-t-il).

Il est difficile de suivre ensuite chacun de ces enfants : c’est le fameux « trou noir de la généalogie » (trop récent pour apparaitre librement en ligne [*], trop ancien pour le souvenir des Hommes). Seules les mentions marginales des actes de naissance nous renseignent sur leurs mariages et décès, mais certains actes n’en possèdent pas.

Cependant je connais au moins ce qui concerne mes propres arrière-grands-parents, Joseph Elie et Flora Marie Victunienne ROY : ils eurent 4 enfants.
- L’aînée (ma grand-mère) en eu 5,
- La seconde 3,
- La troisième 3 également,
- Le dernier 3 aussi.
Soit 14 descendants pour cette génération.


La Gidalière, date inconnue © coll. personnelle
Marqués d'une croix, à gauche Gabriel (dernier fils du couple) et sa mère Marie Henriette Benetreau, veuve Gabard [**] (3ème à partir de la gauche) devant la façade de la ferme. Les autres : des inconnus, déjà…

Célestin et Marie Henriette moururent respectivement en 1924 et 1951. Vingt après le décès de Marie Henriette, la famille a choisi de se réunir – à la ferme de la Gidalière, bien entendu. Nombreux furent présents, à tel point que la « fête de famille » fit l’objet un court article dans le journal local.

Cet article nous renseigne sur la composition de la famille à cette date :
  • Les 9 enfants (au moins trois sont déjà décédés, selon les mentions marginales de leurs actes de naissance)
  • 70 petits-enfants
  • 133 arrière-petits-enfants
  • 10 arrière-arrière-petits-enfants

Bon, l’addition de tout cela fait 222 personnes, et non 241 comme annoncé dans le journal : peut-être que les 19 membres manquant de la famille n’ont simplement pas pu assister à la fête. En tout cas, ils étaient nombreux, dirons-nous...

Une messe fut organisée lors de ces retrouvailles, assurée par l’abbé Albert Gabard, fils de François et Claire.

L’article précise que des panneaux généalogiques avaient été réalisés, afin que chacun puisse se situer parmi les membres de la famille. Dommage que ces panneaux se soient perdus… Ils couvraient l’histoire d’une famille sur plus d’un siècle ; une famille à l’origine fermiers des Deux-Sèvres et depuis dispersée dans le département et jusqu’à Angers et Poitiers.

La ferme de La Gidalière resta dans la famille Gabard, reprise par André, fils de François. Pour mémoire, mon arrière-grand-père Joseph n’a pu en hériter après la seconde guerre mondiale, comme je l’ai raconté dans l’article Une lettre… pour changer une vie. André fut le dernier des Gabard à posséder cette ferme. C’est maintenant une coquette résidence… mais sortie du giron familial historique.

Aujourd’hui, combien sommes-nous de descendants de ce couple ? Dispersés à travers toute la France cette fois, difficile de le dire. Les anciens nous ont quittés, remplacés par des plus jeunes.


Fête de famille, journal (inconnu), 1er août 1971 © coll. personnelle

« Une réunion de famille qui mérite son nom…
Réunir une famille dont les 241 membres sont dispersés entre Saint-Amand-sur-Sèvre, Angers et Poitiers, tient du véritable exploit. C’est celui qu’a réussi M. l’abbé Albert Gabard, vicaire de Loudun, qui célébra lui-même la messe de famille dans un pré de la ferme où vécurent ses aïeux, M. et Mme Célestin Gabard.
Les neuf enfants de ces derniers avaient amené leurs fils et filles (70), leurs petits-enfants (133) et leurs arrière-petits-enfants (10).
Après la messe, la nombreuse famille se rassembla en un joyeux pique-nique avant de participer à des jeux et danses divers.
La journée se termina par un feu de joie tandis que, durant toute la fête, les descendants de M. et Mme Gabard avaient pu suivre sur des panneaux généalogiques, l’évolution de leur famille depuis plus d’un siècle. »



[*] Pas de registre en ligne postérieur à 1912 à Saint-Amand.
[**] La date du cliché n’est pas connue, mais vu l’apparence de Marie Henriette, il a sans doute été pris après la mort de Célestin, donc dans les années 1930 ou 1940.


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