« Un soir, sur un chemin familier qui m’est cher, en mettant mes pas dans les pas de ceux qui m’ont précédé sur cette terre, j’ai senti frissonner l’arbre du silence. […] Il n’y avait plus de vent, rien ne bougeait, tout était apaisé, et pourtant j’ai entendu comme un murmure. J’ai eu l’impression - la conviction ? - qu’il provenait de l’arbre dont nous sommes issus : celui de nos familles, dont les branches sont innombrables et dont les feuilles frissonnent au plus profond de nous. Autant de feuilles, autant de voix vers lesquelles il faut se pencher pour bien les entendre, leur accorder l’attention nécessaire à la perception d’un silence qui, en réalité, n’en est pas un et ne demande qu’à être écouté. Je sais aujourd’hui que ce murmure a le pouvoir de donner un sens à notre existence, de prolonger la vie de ceux auxquels nous devons la nôtre, car ils nous habitent intimement. »

- Christian Signol, Ils rêvaient des dimanches

  • #Généathème
  • #RDVAncestral

lundi 28 janvier 2019

En quête d'un bébé


Ce billet fait suite au #RDVAncestral : la rencontre, publié en décembre.

Je vais parler de personnes aux noms et/ou prénoms similaires, je vais donc faire en sorte d'être la plus claire possible pour que vous puissiez comprendre mon cheminement. Il s'agit de :
- François Fortin et André Fortin (sans qu’un lien de parenté n’ait été trouvé entre eux).
- Marguerite Merlet et sa fille Marguerite Coeffard (qu’on surnommera La Jeune pour la différencier de sa mère).
- André Fortin et André Fortin, le parrain et le filleul (qu’on surnommera bébé André pour le différencier de son parrain, qui est aussi son cousin par alliance).

Résumons:
Le couple Merlet Jean et Jaunereau Françoise, mariés en 1682, ont 8 enfants. Parmi eux on compte notamment Marguerite et Louise.
Louise épouse François Fortin (en secondes noces). La date n’est pas connue (entre 1722 et 1724 semble-t-il). De leur union naîtront sept enfant, notamment André Fortin en 1734. C’est lui « bébé André » dont j'ai raconté la naissance dans l'article de décembre.
Marguerite épouse Jacques Coeffard. De leur union naîtra notamment Marguerite « La Jeune » qui épousera André Fortin ; Malheureusement des lacunes dans les registres paroissiaux nous privent de la date de leur mariage. Tous les deux seront les parrain et marraine de bébé André né en 1734 (le cousin de  Marguerite la Jeune, vous me suivez ?).

On trouve les membres de cette famille dans différentes paroisses, voisines les unes des autres, mais dans trois départements distincts : Saint Hilaire de Mortagne et Evrunes (en Vendée), Cholet, le May sur Evre, La Tessoualle et Saint Christophe du Bois (en Maine et Loire), Le Puy Saint Bonnet (autrefois dans les Deux-Sèvres, aujourd’hui associée à Cholet, les limites des deux départements ont donc été modifiées à cette occasion, en 1973). Certaines de ces paroisses ont aujourd'hui disparues, absorbées par d’autres.

Territoire d'investigation © GoogleMaps

Lors de ce fameux RDVAncestral, j’ai donc raconté le baptême de bébé André. Son acte de naissance, trouvé dans les registres de Cholet (paroisse de St Pierre) est ainsi libellé : "Le 30 janvier 1734 par moy vicaire soubsigne a ete suplée les ceremonies de baptême a un enfant né du jour precedent dans la cour de la trembay de leglise mere de françois fortin laboureur et de louise merlet baptisé à la maison par la sage femme à cause du danger de mort ledit enfant a été nommé André par André Fortin son parrain et marguerite coeffard sa marraine qui ont declaré ne savoir signer."

A partir de ces quelques lignes, j’ai imaginé l’histoire d’une naissance fragile et d’un baptême par la sage-femme. Pour tout vous avouer, j’ai complètement raté mon exercice, car en fait je désirais aborder la rencontre de Marguerite La Jeune et d’André Fortin son (futur ?) mari. Mais de toute évidence je suis passée complètement à côté car, à ma grande surprise, beaucoup parmi vous ont surtout retenu l’histoire de la naissance de bébé André et, s’ils ont été touchés par mon récit, ils se sont surtout inquiétés du sort du bébé et pas du tout de ses parraine et marraine. Mais bon, tant pis !

En décembre, j’avais fait une rapide enquête mais n’avait point retrouvé la trace postérieure du bébé. Devant l’émoi provoqué par ce billet, j’ai donc repris mon enquête.

J’ai commencé par chercher les actes concernant les proches de bébé André.

J’ai trouvé 8 actes de mariages (un pour son frère François, un pour sa sœur Marie Hélène, trois pour son frère Jean et deux pour son « frère de mère », c'est-à-dire un demi-frère utérin né d’un premier lit de sa mère). André n’apparaît dans aucun d’entre eux parmi les témoins. Pas davantage dans les actes de décès de ses parents, en 1763 (tous les deux décédés à deux jours d’intervalle) alors qu'il serait théoriquement âgé de 29 ans.

Par ailleurs, j’ai retrouvé très peu d’actes concernant le couple Fortin/Coeffard et leurs enfants : ils vivaient au Puy Saint Bonnet, où il n’y a pas d’acte en ligne antérieur à l’An IX. D’ailleurs, les quelques mentions trouvées le sont la plupart du temps… dans les registres des paroisses voisines ! Ainsi les naissance des enfants du couple sont connues grâce au registres de Cholet, où il sont dits « baptisés au Puy Saint Bonnet ». Parmi ces raretés, bébé André n’apparaît pas non plus.

D’un premier abord, on peut penser que le petit André est décédé avant les mariages de ses frères et sœurs, c'est-à-dire au moins avant 1751 (donc avant ses 17 ans). Ou est-il simplement trop jeune pour être cité parmi les témoins ?

Il me reste un dernier test : la méthode escargot. Chercher dans tous les registres où la famille est connue, c'est-à-dire :
- Cholet (trois paroisses, avec une préférence pour Saint-Pierre dont ils dépendent), où sont nés ses frères et sœurs,
- Saint Hilaire de Mortagne où sont nés plusieurs de ses oncles et tantes,
- Le May sur Evre, où est décédée sa grand-mère et où demeure sa tante Marguerite lors de son mariage,
- Saint- Christophe du Bois, où ont eu lieu la plupart des mariages de sa fratrie,

J’ai d’abord privilégié l’année 1734 puisque bébé André a un petit frère qui naît seulement 19 mois après lui : l’écart entre ces deux naissances n’est pas extraordinaire mais révèle peut-être un indice sur la possible brièveté de la vie de bébé André.

J’ai commencé par compulser les registres de Cholet Saint Pierre, puisque c’est la paroisse de la demeure familiale de bébé André depuis les années 1720 (mariage des parents) jusqu’en 1737 (naissance du dernier enfant de la famille). Il n’apparaît pas sur l’excellent moteur de recherche des archives municipales. Cependant, des actes sont parfois libellés de cette façon : « est décédé un petit enfant de machin » : je ne sais pas comment ces actes ont été indexés. Mais si je trouve en septembre 1734 « est décédé un petit enfant de françois fortin âgé de 8 mois ou environ » je peux supposer qu’il s’agit de bébé André. Hélas ces recherches ont été vaines.

Je ne l’ai pas trouvé non plus à St Christophe du Bois où la plupart de ses frères et sœurs se marient, ni au May sur Evre.

Les recherches continuent, mais l’hypothèse de la mort précoce de bébé André est donc, pour l’instant, favorisée.

A celles et ceux qui se sont ému(e)s de son sort, je ne peux malheureusement pas vous renseigner précisément, même si je ne suis guère optimiste. Si quelqu’un croise sa route, n’hésitez pas à me faire signe !


4 commentaires:

  1. J'ai espéré jusqu'au bout de ma lecture que bébé André allait être retrouvé.

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    1. Un jour peut-être... ;-)
      Mélanie - Murmures d'ancêtres

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  2. moi aussi j'ai espéré..... mais est ce que Marguerite la jeune a vraiment épousé son André ????

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    1. Oh oui ! Je ne sais pas quand exactement à cause de lacunes de registres, mais ils se sont bien mariés. Ce sont mes ancêtres directs à la 10ème génération...
      Mélanie - Murmures d'ancêtres

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