« Un soir, sur un chemin familier qui m’est cher, en mettant mes pas dans les pas de ceux qui m’ont précédé sur cette terre, j’ai senti frissonner l’arbre du silence. […] Il n’y avait plus de vent, rien ne bougeait, tout était apaisé, et pourtant j’ai entendu comme un murmure. J’ai eu l’impression - la conviction ? - qu’il provenait de l’arbre dont nous sommes issus : celui de nos familles, dont les branches sont innombrables et dont les feuilles frissonnent au plus profond de nous. Autant de feuilles, autant de voix vers lesquelles il faut se pencher pour bien les entendre, leur accorder l’attention nécessaire à la perception d’un silence qui, en réalité, n’en est pas un et ne demande qu’à être écouté. Je sais aujourd’hui que ce murmure a le pouvoir de donner un sens à notre existence, de prolonger la vie de ceux auxquels nous devons la nôtre, car ils nous habitent intimement. »

- Christian Signol, Ils rêvaient des dimanches

samedi 12 juillet 2014

Pas de défunt !

Les curés sont parfois prolixes : en dehors des actes de naissances, mariages et décès qui font la raison des registres que nous compulsons, ils notent quelques observations diverses. C'est souvent des phénomènes météorologiques, parfois le baptême d'une cloche, plus rarement la naissance - ou le décès - d'un roi.

Personnellement, je savoure ces mentions qui émaillent les registres comme des petites douceurs. Parce qu'elles éclairent la vie de nos ancêtres, parce qu'elles nous font découvrir un pays, une époque qui sont plus ou moins éloignés de nous aujourd'hui.

Mais il faut le reconnaître, ce sont souvent des mentions assez noires : décès en nombres, pillages, avalanches . . .

Heureusement, enfin une bonne nouvelle nous est donnée par le curé de Noailhac (Aveyron) :


"Est a remarquer que depuis le 22 xbre [décembre]
de L'année 1677 Jusques au trentieme mars
de L'année 1679 personne ne mourust ny
 feut mesme malade dans pte [présente] parse [paroisse] de noalhac ainsi
je soussigné [ . . . ] l'atteste                Lacombe" [ 1 ]

Soit un an et trois mois sans décès ni maladie dans la paroisse. 


Même si on peut s'interroger de l'absence de malade pendant 15 mois successifs.
Même si la taille de la paroisse est réduite (un peu moins de 16 km²; on ne compte que 641 habitants à la Révolution, date des plus anciens recensements officiels).

C'est plutôt une bonne nouvelle, non ? 



[ 1 ] Extrait registres BMS Noailhac, AD12
 

2 commentaires:

  1. Sebastien Lefrancois19 juillet 2014 à 01:27

    J'adore!

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  2. C'est assez insolite, effectivement !
    Peut-être y avait-il eu des décès particulièrement nombreux les années précédentes ? Dans les contextes historiques génériques, j'ai trouvé seulement un été caniculaire et un hiver glacial en 1676, mais les registres locaux en diraient sûrement plus...

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