« Un soir, sur un chemin familier qui m’est cher, en mettant mes pas dans les pas de ceux qui m’ont précédé sur cette terre, j’ai senti frissonner l’arbre du silence. […] Il n’y avait plus de vent, rien ne bougeait, tout était apaisé, et pourtant j’ai entendu comme un murmure. J’ai eu l’impression - la conviction ? - qu’il provenait de l’arbre dont nous sommes issus : celui de nos familles, dont les branches sont innombrables et dont les feuilles frissonnent au plus profond de nous. Autant de feuilles, autant de voix vers lesquelles il faut se pencher pour bien les entendre, leur accorder l’attention nécessaire à la perception d’un silence qui, en réalité, n’en est pas un et ne demande qu’à être écouté. Je sais aujourd’hui que ce murmure a le pouvoir de donner un sens à notre existence, de prolonger la vie de ceux auxquels nous devons la nôtre, car ils nous habitent intimement. »

- Christian Signol, Ils rêvaient des dimanches

samedi 9 novembre 2019

#ChallengeAZ : H comme houe et valise

Si la plupart des documents notariés de Jean Avalon concerne des terres, deux documents principaux nous renseignent sur les possessions de mon ancêtre : ce sont l’inventaire après décès et le partage de ses biens entre ses héritiers.

On y trouve les objets en rapport avec son métier de boucher, qui sont essentiellement composés de poids à peser de différentes tailles (dont certains en étain), des balances « romane », des « ais » (planche de bois servant d’établi ou forte table pour couper des dépecer la viande) et un quart à mesurer. La boucherie contenait aussi « une ache à tuer les bœufs et vaches, un petit couteau pour la boucherie, trois autres méchants couteaux, 13 crochets à pendre la chair ». Sept chaudrons, de différentes tailles, sont comptés : sans doute servaient-ils aux préparations du boucher.

Tranchoir © dytic.over-blog.com

On trouve aussi divers outils qui nous renseignent sur sa vie quotidienne : une houe, des petites bêches de fer, des faux pour couper les buissons, une petite trémie (grand entonnoir destiné à recevoir et trier divers matériaux, comme le grain) et trois crible à cribler le blé (instrument percé d'un grand nombre de trous qui sert à trier, ici en l’occurrence du blé) ; outils servant au travail de la terre.

Sont recensés ensuite :
-  des charretées de bois (dont des merrains et des douelles) et un coin à fendre le bois : le bois était-il destiné à la vente ou à son utilisation personnelle (notamment la fabrication de tonneaux à vin) ?
- un peigne pour peigner le chanvre.
- des fossoirs de fer (houe généralement utilisées pour le labour de la vigne), une comporte (cuve de bois servant au transport des raisins), plusieurs paniers de vendange, et des récipients pour contenir le vin : une pipe, des grands tonneaux, trois barils, des barriques (vides ou remplies de vin).

Bien que boucher, il possédait en effet plusieurs parcelles de vignes. Visiblement il avait aussi des terres en culture, dont peut-être une chenevière, à moins qu’il achetait le chanvre déjà coupé car son inventaire fait mention de « trois balots de chanvre ».

L’un des paniers de vendange était rempli de « mechante laine » : de deux choses l’une ou on filait et tissait chez les Avalon ou on stockait dans l’intention de les revendre le produit de ses terres et les laines des moutons abattus pour la boucherie. Ou les deux.

Le recensement de ses possessions fait aussi mention d’un pistolet de ceinture et d’un fusil. Si la possession d’armes n’est pas très courante, elle n’est pas extraordinaire non plus. Cependant un doute subsiste quant au fusil : est une arme ou… la simple tige d’acier sur laquelle on aiguise les couteaux (de boucher) ?

Notre homme possédait aussi une valise, un sac et un petit sac : faisait-il de nombreux déplacements ? Il avait d’ailleurs une bride avec sa têtière, ainsi qu’un « estrier » (une paire d’étriers ?) et des « esperons », ce qui sous-entend cheval ; mais l’animal était-il destiné à se déplacer ou… à être débité, vendu et mangé ? De même les cordes étaient-elles destinées à mener le bétail acheté dans les fermes jusqu’au lieu d’abattage ou à tout autre emploi ?

Enfin, il y avait aussi des réserves : on a parlé du bois, du chanvre, de la laine, mais ont été dénombrés également des peaux de moutons, du foin, des chaumes, une caisse contenant des légumineuses (pois, fèves, vesces), des châtaigne séchées, de l’huile de noix et un quartier de lard.

Ces inventaires recensent aussi du mobilier, de la vaisselle, du linge, etc… que nous verrons aux lettres J, M et W.


2 commentaires: