« Un soir, sur un chemin familier qui m’est cher, en mettant mes pas dans les pas de ceux qui m’ont précédé sur cette terre, j’ai senti frissonner l’arbre du silence. […] Il n’y avait plus de vent, rien ne bougeait, tout était apaisé, et pourtant j’ai entendu comme un murmure. J’ai eu l’impression - la conviction ? - qu’il provenait de l’arbre dont nous sommes issus : celui de nos familles, dont les branches sont innombrables et dont les feuilles frissonnent au plus profond de nous. Autant de feuilles, autant de voix vers lesquelles il faut se pencher pour bien les entendre, leur accorder l’attention nécessaire à la perception d’un silence qui, en réalité, n’en est pas un et ne demande qu’à être écouté. Je sais aujourd’hui que ce murmure a le pouvoir de donner un sens à notre existence, de prolonger la vie de ceux auxquels nous devons la nôtre, car ils nous habitent intimement. »

- Christian Signol, Ils rêvaient des dimanches

  • #Généathème
  • #RDVAncestral

mardi 6 novembre 2018

#ChallengeAZ : E comme éléments de description

Lien vers la présentation du ChallengeAZ 2018
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La fiche matricule donne un certain nombre de renseignements sur le soldat :
- Son nom, prénom et surnom éventuel ;
- Son état civil ;
- Date et lieu de naissance ;
- Résidence et domicile (pour mémoire le domicile, en droit civil, c'est le lieu où l'individu a son principal établissement, c'est-à-dire son habitation principale et le centre de ses intérêts les plus importants, tandis que sa résidence est le lieu où l'individu se trouve en fait, en général de façon temporaire). Au point de vue militaire, la distinction entre le domicile et la résidence est tout aussi importante qu'en droit civil. Pour le recrutement, le canton assigné au jeune homme est celui du domicile de ses parents, qu'il conserve tant qu'il ne peut justifier d'un domicile personnel (quelque soit sa résidence au moment du recrutement) ;
- Profession ;
- Parenté ;
- Mariage éventuel.
- Signalement physique : couleurs des cheveux, des yeux, forme du visage, taille, marques particulières…
- Degré d’instruction.
- Localités successivement habitées.
- Parcours militaire (nous en parlerons dans la lettre R).


Extrait de la fiche matricule de Jean-François © AD74

C’est ainsi que j’ai fait quelques découvertes à propos de Jean-François :

Si je connaissais sa date et lieu de naissance, son domicile et l’identité de ses parents, j’ai remarqué en revanche qu’il avait sa résidence à Paris, au 174 faubourg Saint Martin, dans le 10ème arrondissement, et qu’il était garçon de café. Mais son domicile étant toujours en Haute-Savoie, il fut recensé militairement parlant dans les Alpes. A ma connaissance, après la guerre, il ne revint jamais faubourg Saint Martin et changea de métier.

Sur la fiche principale, la partie dévolue à son signalement a été très peu remplie : je sais juste qu’il était roux aux yeux châtains. Cependant la fiche contient plusieurs retombes (papiers collés parce que les cases d’origines étaient trop petites) ; or, au verso de l’une d’elles, on retrouve un extrait de sa fiche matricule (un double ? un brouillon ?) et là, surprise, on voit qu’il avait le front droit et le visage ovale. Et dire que je ne me suis aperçue de ce détail que 4 ans après avoir reçu ledit document !

J’ignore son degré d’instruction, partie non remplie également.

Après guerre, il naviguera entre Eaubonne (Val d’Oise), Samoëns, retour à Eaubonne et enfin Paris.

Sa fiche signale encore qu’en 1924 il était camionneur. Par ailleurs (et là encore je viens seulement de m’en apercevoir : comme quoi on ne lit jamais vraiment à fond les documents qu’on a sous les yeux !), il est mentionné qu’en 1937 il est « classé affecté spécial au titre de la Société des Matières Colorantes et Produits Chimiques de Saint-Denis (rue des Poissonniers à Saint-Denis) comme "ouvrier spécialisé en produits chimiques". Cette usine est née de la fusion en 1881 de l’usine Dalsace, qui produisait de l’aniline et des dérivés de la houille servant à la teinture, avec les établissements Poiriers, fabriquant des produits chimiques. Elle a fermé ses portes en 1965. Comment un fils de cultivateur, anciennement garçon de café puis camionneur s’est-il retrouvé à travailler comme ouvrier spécialisé pour une usine utilisant des produits chimiques tels que la soude, des engrais, des nitrates et diverses matières colorante s ? Mystère. Quoi qu’il en soit, il a quitté ce poste au moins en 1946 car alors une autre source m’indique qu’il entre à la Société Anonyme des Pneumatiques Dunlop… mais ceci est une autre histoire.


1 commentaire:

  1. Bonjour,
    outre l'intérêt de l'article, je viens d'apprendre la différence entre domicile et résidence.
    Merci

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