« Un soir, sur un chemin familier qui m’est cher, en mettant mes pas dans les pas de ceux qui m’ont précédé sur cette terre, j’ai senti frissonner l’arbre du silence. […] Il n’y avait plus de vent, rien ne bougeait, tout était apaisé, et pourtant j’ai entendu comme un murmure. J’ai eu l’impression - la conviction ? - qu’il provenait de l’arbre dont nous sommes issus : celui de nos familles, dont les branches sont innombrables et dont les feuilles frissonnent au plus profond de nous. Autant de feuilles, autant de voix vers lesquelles il faut se pencher pour bien les entendre, leur accorder l’attention nécessaire à la perception d’un silence qui, en réalité, n’en est pas un et ne demande qu’à être écouté. Je sais aujourd’hui que ce murmure a le pouvoir de donner un sens à notre existence, de prolonger la vie de ceux auxquels nous devons la nôtre, car ils nous habitent intimement. »

- Christian Signol, Ils rêvaient des dimanches

  • #Généathème
  • #RDVAncestral

vendredi 2 novembre 2018

#ChallengeAZ : B comme bataillon

Lien vers la présentation du ChallengeAZ 2018
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Pour sa première affectation, en 1915), Jean-François est envoyé au 23ème Bataillon de Chasseurs Alpins (BCA). Il y restera jusqu’en septembre 1916 (20 mois), puis passera au 51ème jusqu’en juillet 1918 (21 mois) et enfin un court passage au 54ème jusqu’en septembre 1918 (2 mois). Il terminera la guerre dans un Régiment d’Artillerie Lourde, le 84ème (3 mois) ; première affectation hors du corps des Alpins.

Lors de leur création (cf. lettre A comme Alpins), les douze premiers bataillons alpins, issus des bataillons de chasseurs à pied, sont rattachés aux deux corps d'armée (chacun étant une grande unité militaire constituée de plusieurs divisions) qui défendent les Alpes, basés dans différentes garnisons :
  • Le XIVe corps d'armée de Lyon :
    - le 12e BCA (Grenoble),
    - le 13e BCA (Chambéry),
    - le 14e BCA (Embrun),
    - le 22e BCA (Albertville),
    - le 27e BCA (Annecy)
    - le 28e BCA (Grenoble),
    - le 30e BCA (Grenoble) ; 
    • Le XVe corps d'armée de Nice :
      - le 6e BCA (Nice),
      - le 7e BCA (Antibes puis Draguignan),
      - le 11e BCA (Barcelonnette),
      - le 23e BCA (Grasse),
      - le 24e BCA (Villefranche-sur-Mer).


      51ème bataillon © histoire-passy-montblanc.fr

      Ils constituent les bataillons d’armée active. Mais il existe aussi des bataillons de réserve et des territoriaux :
      Les bataillons de réserve sont constitués d'hommes âgés de 23 à 35 ans. Le numéro du bataillon de réserve est obtenu en ajoutant le nombre 40 au numéro du bataillon d'active correspondant ; par exemple : le 46e BCA est le bataillon de réserve du 6e BCA. Ils sont donc 12, comme ceux d’active.
      À ces bataillons s'ajoutent les bataillons de chasseurs alpins de l'armée territoriale (BCAT ) constitués d'hommes âgés de 35 à 45 ans. Il s'agit de sept bataillons, numérotés de 1 à 7.

      En 1914, on compte désormais 31 bataillons d’active, chacun composé en général de 6 compagnies et d’une section de mitrailleuses, soit environ 1 700 hommes.
      9 bataillons furent créés pendant la Grande Guerre, en complément de ceux déjà existants : les 32e, 102e, 106e, 107e, 114e, 115e, 116e, 120e et 121e.

      Les bataillons sont divisés en compagnies, elles-mêmes subdivisées en 4 sections, chacune commandée par un capitaine et comptant 210 chasseurs, ainsi que le clairon, infirmier, sous-officiers, etc…. Les sections se décompensent en 4 escouades, commandées par un lieutenant, soit environ 65 soldats au total.

      Chaque bataillon a un refrain qui lui est propre. En effet, à l'heure des combats d'infanterie sans moyen de transmission, le clairon sonnait son refrain au cor. Grâce à cela, les généraux supervisant les combats connaissaient la position de leurs troupes. La tradition veut que chaque numéro de jour corresponde à un refrain chasseur. C'est pour cette raison qu'il y a 31 refrains pour les 31 premiers bataillons. Par exemple, le refrain du 23ème est « V'la le vingt-troisième, nom de Dieu, ça va barder ! ».


      4 commentaires:

      1. J'adore la manière dont chacun arrangeait sa "tarte" pour la photo !

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        1. Attention ! tu vas spoiler le billet de demain ! ;-)
          Mélanie - Murmures d'ancêtres

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      2. Je vois que la moustache était encore à l'honneur : il ne semble y avoir que les deux du fond qui n'en porte pas. D'où venaient-ils tous ? quelle était leur profession avant cette incorporation ? Ce dégage-t il des professions privilégiées ? Article intéressant.

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      3. La moustache était effectivement à la mode.
        Quand aux camarades de Jean-François que j'ai pu retrouver ils étaient menuisier, papetier-relieur, sténo-dactylographe, élève à l'école ds Arts et métiers, mécanicien, étudiant en droit, cuisinier... et beaucoup de cultivateurs bien sûr ! Jean-François était garçon de café (profession qu'il n'exercera plus après la guerre d'ailleurs). Bref : toute la société réunie (je ne parle ici que des soldats : je n'ai pas beaucoup "fréquenté" les officiers !)
        Mélanie - Murmures d'ancêtres

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